Route de Los Angeles (La) - Bandini - Demande à la poussière
by John Fante
2021-01-06 10:15:58
Entre 1936 et 1939, John Fante compose les trois premiers ouvrages de ce qui constituera la saga d''Arturo Bandini. On y suit les tribulations de cet alter-ego de l''écrivain, fils d''immigrés italiens en terre californienne, être hybride pour qui...
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Entre 1936 et 1939, John Fante compose les trois premiers ouvrages de ce qui constituera la saga d''Arturo Bandini. On y suit les tribulations de cet alter-ego de l''écrivain, fils d''immigrés italiens en terre californienne, être hybride pour qui l''Italie appartient au passé tandis que l''Amérique refuse obstinément de lui ouvrir ses portes dorées.Dans La Route de Los Angeles (1936), Arturo s''embarque pour une bourlingue américaine, faite de bagarres et de vols, de lectures et de rencontres. Accumulant les petits boulots, Bandini apparaît successivement comme employé dans une épicerie, plongeur, ouvrier dans une conserverie, et ne manque pas de faire son << cinéma de Rital >> (cette faconde que Fante craignait bien d''avoir héritée de son père), dirigé contre ses collègues, contre les patrons ou sa sour. Car le jeune personnage préfère cultiver des rêves de gloire et une mégalomanie délirante pour pallier la misère et la solitude. Quand Arturo va à la bibliothèque, c''est davantage pour reluquer la jolie bibliothécaire que pour lire les livres de Spengler qu''il y emprunte ; et s''il s''entoure de textes de Nietzsche et Schopenhauer, c''est moins pour explorer en profondeur les idées de ces philosophes que pour se considérer comme leur futur pair : Arturo l''aspirant écrivain superstar se sait à deux pas de son chef d''ouvre (C''est juste là, attendez une seconde que je prenne la plume >>), pompeusement intitulé Le Colosse du destin. Entre ambition et fainéantise, frustration et misanthropie, Bandini (qui n''est pas sans rappeler à ce titre l''Ignatius Reilly inventé par John Kennedy Toole dans La Conjuration des imbéciles) est rejeté par la vie ou la refuse et, pantelant, il trébuche et tombe. C''est là la touchante beauté du roman : les revers endurés par le jeune garçon sont si sévères et son aveuglement si tenace que ses souffrances et sa drôlerie nous le rendent terriblement attachant.
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